La peur a changé de camp.
Témoignage d'une femme qui a dit stop.
Ce que je vais vous raconter n'est pas une histoire de self-défense au sens où on l'imagine. Pas d'agression dans un parking. Pas d'inconnu dans la nuit. L'agresseur dormait dans le même lit qu'elle.
En Suisse, une femme sur cinq subit des violences domestiques au cours de sa vie. En 2024, la police suisse est intervenue plus de 19 000 fois pour des cas de violence conjugale. Derrière chaque chiffre, il y a une femme qui encaisse. Qui se tait. Qui reste parce qu'elle a peur, parce qu'elle n'a nulle part où aller, parce qu'elle ne sait pas qu'elle a le droit de se défendre.
Il y a quelques années, une femme est venue à un de mes stages de self-défense à Bulle. Elle ne m'a pas dit pourquoi. Elle est restée discrète pendant tout le stage. Elle a appris les gestes comme les autres — les dégagements, les postures, les frappes d'urgence. Elle est partie sans un mot de plus.
Trois mois plus tard, elle m'a appelé. Elle pleurait. Elle m'a remercié.
Son conjoint la frappait depuis des années. Il l'avait déjà étranglée. Plusieurs fois. Elle vivait dans une terreur permanente — cette peur qui vous paralyse, qui vous fait baisser les yeux, qui vous fait croire que vous ne pouvez rien faire.
Un soir, il a recommencé. Mais cette fois, quelque chose avait changé. Elle ne saurait pas l'expliquer autrement que comme ça : elle savait qu'elle pouvait réagir. Pas parce qu'elle était devenue une combattante. Mais parce que pendant 1h30, un samedi après-midi, elle avait senti dans son corps qu'elle avait de la force. Qu'elle pouvait frapper. Qu'elle n'était pas impuissante.
Elle l'a giflé. Fort. Pour la première fois en des années.
Et il a eu peur. La peur a changé de camp.
Il ne l'a plus jamais touchée. Elle a entamé les démarches pour partir. Aujourd'hui, elle a refait sa vie.
Ce que la self-défense féminine change vraiment
Je ne raconte pas cette histoire pour vendre des stages. Je la raconte parce qu'elle dit une vérité que 30 ans d'enseignement de la self-défense m'ont confirmée : le problème n'est presque jamais la force physique. Le problème, c'est la conviction qu'on ne peut rien faire.
Un stage de self-défense pour femmes ne transforme pas une femme en combattante. Il brise le mécanisme de la soumission automatique. Il fait sentir — physiquement, pas intellectuellement — qu'on a le droit et la capacité de se défendre. Et ça, c'est un changement qui ne s'oublie pas.
Il ne s'agit pas de vidéos YouTube où un instructeur montre comment désarmer trois hommes armés. Ce genre de fiction ne protège personne. Ce que j'enseigne dans mes cours de self-défense à Bulle, c'est la réalité : comment poser ses limites, comment dégager un bras qui vous retient, comment frapper quand il n'y a plus d'autre option, et surtout comment gérer la peur — parce que c'est la peur, et non la faiblesse physique, qui empêche la plupart des femmes de réagir.
Si vous vivez une situation de violence, la self-défense n'est qu'un outil parmi d'autres. Appelez le 0800 110 110 (ligne d'aide aux victimes en Suisse, gratuit et confidentiel) ou contactez le Centre LAVI de votre canton. Vous n'êtes pas seule.
Stages de self-défense féminine à Bulle — mai à août 2026
Si vous cherchez un stage de self-défense féminine en Gruyère, dans le canton de Fribourg ou en Suisse romande, les prochaines dates sont fixées. Deux niveaux sont proposés : le Niveau 1 (Initiation), ouvert à toutes sans prérequis, et le Niveau 2 (Perfectionnement) pour celles qui veulent aller plus loin. Chaque participante reçoit une attestation officielle.
Parrainage : vous connaissez une amie, une collègue, une sœur qui devrait faire ce stage ? Parrainez-la et recevez 20 CHF de rabais sur votre prochain stage. Pas de limite.
La femme qui m'a appelé en pleurant ce jour-là n'avait rien d'une guerrière. Elle n'avait pas la carrure, pas l'expérience, pas le profil. Elle avait simplement découvert, pendant 1h30, que son corps savait se défendre. Et cette découverte a changé le cours de sa vie.
La question n'est pas de savoir si vous êtes assez forte. La question, c'est : est-ce que vous savez que vous l'êtes ?
— Serge Kurschat, Coach Defense · Bulle